• Lecture, compréhension et littérature - Dispositifs

     Cet article fait suite à celui qui présente ici mes réflexions en ce qui concerne l’enseignement de la lecture à travers des œuvres littéraires. Pour moi, lire un texte pour « entrer » en littérature signifie prendre son temps. Les élèves doivent pouvoir parler entre eux du sens du texte, le reformuler, se représenter l’histoire et être sensibles aux résonnances que ce texte crée en eux.

    Pour entrer dans des éléments plus concrets, je vais vous présenter un listing des différents dispositifs que j’ai mis en place dans ma classe ayant trait à cet apprentissage. J'aborde le sujet de mes progressions ici.

    Les séances de lecture - compréhension donnant lieu à des débats interprétatifs en classe plénière.

    A l’origine, je prépare ma progression en m’inspirant des différentes stratégies organisées autour de l’acronyme DECLIC. Et c’est cette progression qui me permet de faire mes choix de supports.

    Mon objectif est de partir d’un texte dont la lecture fait appel à toutes les habiletés, en restant au plus près de l’activité de lecture authentique. Je choisis donc des textes assez longs, dont l’étude dure souvent une période, qui me semblent présenter un intérêt littéraire fort. J’utilise ensuite le plus souvent la technique du dévoilement progressif, nous lisons l’histoire en plusieurs épisodes et donc plusieurs séances, collectivement, afin de laisser le temps aux élèves d’élaborer des hypothèses de lecture, de se remémorer les éléments antérieurs, de les reformuler, de prélever des indices importants dans le texte… La technique du dévoilement progressif nécessite de faire l’analyse littéraire de l’œuvre étudiée pour prévoir un découpage pertinent du texte (points saillants de l’histoire, éléments contradictoires, interaction texte-illustrations…).

    Ce choix permet également de mettre en place deux temps différents lors de ces séances de lecture-compréhension :

    - un temps de « décodage » du texte qui me permet d’aborder explicitement les stratégies pour mieux déchiffrer et lire un texte avec plus de fluidité ; l’objectif étant de viser l’automatisation des procédures d’identification des mots et un meilleur contrôle du rythme de lecture ;

    - un temps de compréhension et de littérature qui fait suite pour permettre à tous les élèves, même faibles lecteurs, de s’engager dans des compétences narratives et inférentielles. Cette phase offre la possibilité aux élèves de comprendre en profondeur le texte étudié et de préparer la réutilisation des stratégies enseignées explicitement à d’autres textes. Selon les différentes parties du texte, je recherche la mise en place de conflits interprétatifs qui sont intéressants parce qu’ils favorisent l’argumentation et le retour au texte pour justifier ; de propositions interprétatives qui autorisent le débat : déplacement de points de vue, prise en compte d’indices nouveaux, perception de stratégies différentes des siennes… Cette phase s’effectue soit en groupe classe, soit en communautés de lecteurs plus réduites.

    Enfin, un dernier élément me paraît essentiel ici : l’importance accordée, au sein de ces séances, au développement des connaissances et des compétences lexicales des élèves. Ce temps long consacré à l’étude d’un texte complexe permet de conduire de front l’enseignement de la compréhension et du vocabulaire. Ainsi, les activités de vocabulaire de découverte sont d’emblée des activités contextualisées. Des mots sont prélevés dans le texte, étudiés, observés au niveau morphologique puis classés et fixés sur plusieurs outils.

    L’atelier quotidien de littérature personnelle.

    Dans ma classe de CE1, les élèves disposent d’un temps réservé à la lecture autonome en début d’après-midi, chaque jour. Pour nourrir leur goût de la lecture, ils ont le droit d’emprunter dans la bibliothèque de classe 4 livres qu’ils placent pour toute la semaine dans leur boite de lecteur. Dans ces boites, nous rangeons aussi des carnets de littérature, supports permettant de garder une trace de leurs lectures personnelles. Un élève ayant aimé un livre peut préparer une présentation orale de ce livre en s’appuyant sur ce qu’il a noté dans son carnet de littérature. Des cercles de lecteurs sont mis en place au fur et à mesure de l’année, durant ce temps de lecture. (J’y consacrerai un article entier).

    Les lectures offertes.

    Une semaine sur deux, je propose à un groupe d’élèves (entre 4 et 6) de préparer la lecture offerte d’un livre. Cette lecture est d’abord faite aux élèves de la classe pour permettre une observation critique des stratégies de décodage que chaque lecteur doit travailler et améliorer. Ensuite, cette lecture est réellement offerte à une des classes de CP de notre école. La lecture à haute voix permet aux élèves de prendre conscience de la nécessité d’un décodage efficace et de la maitrise d’un bon rythme de lecture (ni trop lent ni trop rapide) pour que l’auditoire puisse accéder au sens. A travers cette activité les élèves peuvent faire le parallèle avec ce qui se passe en eux lorsqu’ils lisent pour eux-mêmes.

    Les entrainements systématiques.

    Pendant le temps d’atelier de lecture quotidien et en prolongement à la maison, je permets aux élèves de s’engager dans des activités d’entraînement. Ils peuvent ainsi préparer puis valider en classe la lecture chronométrée de listes de syllabes pour améliorer la capacité à déchiffrer et/ou de listes de mots pour augmenter le capital de mots directement reconnus et améliorer la fluidité de lecture.

     

    Voilà un bref aperçu des différentes activités et des différents dispositifs qui ont cours dans ma classe. Par la suite, je vous présenterai concrètement des séquences de lecture-compréhension et l'organisation de l'atelier de littérature quotidien.


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